平成20年9月28日日曜日

Nuggets et littérature

Il est samedi, 21h, on est à Chinatown avec un visage bien connu de Genève. On a passé une très bonne journée, même si on a pas trouvé les baleines dans l'aquarium au 3ème étage du centre commercial et que ses premier purikkura se révèlent un lamentable échec.
C'est alors qu'on l'aperçoit, de l'autre côté de la route. On le regarde bien, on le fixe, on ne veut pas qu'il s'en aille. Il y a quelques jours seulement, il était dans le livre qu'on vient de terminer, bien vivant, à Takamatsu. Et il est là, à Yokohama maintenant. Sans lui, jamais la pierre de l'entrée n'aurait été refermée, ni ouverte d'ailleurs, il est devenu un véritable héros à nos yeux lorsqu'il a sauvé les personnages auquel on s'était tellement attachée!
Comme dans l'histoire, il est d'un blanc immaculé, il a beau faire nuit, lui il brille.
Le feu passe enfin au vert, on se dépêche de traverser, de le rejoindre. On s'attend à ce qu'il se mette à marcher si vite qu'on soit obligé de courir pour le suivre, on est déjà prêt, il ne s'échappera pas. Mais il reste là, immobile, dans une pause absolument pas naturelle, le sourire figé. Pas un signe, pas un mot.
Il faut se rendre à l'évidence, ce n'est qu'une statue qui attire les clients au KFC de Yokohama. Notre rencontre avec le colonel Sanders est bien décevante.
A tous ceux qui pensent que je suis folle, lisez seulement Kafka sur le rivage de Haruki Murakami!

Ninja à lunettes

Il est jeudi soir, il fait nuit et un peu frais, c'est le premier jour du week end (oui, dans le coin, il y a des gens qui ont du bol, en plus d'avoir 12 heures de cours par semaine, ils ont congé le vendredi) et on a passé une véritable journée de pantoufle, alors on se dit que ça ne peut pas faire de mal de mettre un peu les pieds dehors.
On enfile ses nouvelles fringues et on part pour Ikebukuro dans l'espoir de faire quelques sympathiques rencontres dans le west gate park. On s'assied sur les marches et on papote un peu, bière à la main. C'est alors qu'il sort de nulle part, tout d'un coup il est là, on ne l'a pas vu arriver. Il nous salue direct en japonais d'un "Bonjour, on va boire un verrre?".
Approche un peu trop directe, on décide de prendre un peu de distance "Mais là, on a déjà à boire et c'est sympa ici". On l'appellera lunettes tente une autre version "Oui, mais i fait un peu froid, non?" Alors grelottant et en serrant les dents, sourire crispé on sort l'excuse un peu bidon "Non, ça va, nous on vient de Suisse, on a l'abitude, chez nous en ce moment il fait 12 C".
Le jeune homme est patient, il discute un peu, il appelle son pote pour qu'il nous rejoigne, on traîne un peu à finir notre bière, notre voisine continue toujours "Encore une clope, après on y a va."
Le jeune homme s'impatiente, son pote plutôt pas mal au t-shirt rose a apparu, on ne sait pas non plus trop comment, on l'entend parler tout d'un coup, il est assis à côté de nous.
On se débrouille pas trop mal avec le "On aime pas trop chanter" pour ne pas s'enfermer dans une petite salle de karoke avec nos nouvelles connaissances qui s'inquiètent dès les premières questions de savoir si on a un boyfriend en Suisse et sont bien curieux de savoir ce qu'on pense des mecs japonais et nous disent après 10 minutes qu'il sont bien contents qu'on soit devenus amis!
On se met alors d'accors pour une bière dans un endroit animé, même si c'est un peu cher. Pas de problème, ils acceptent volontiers de la payer! Ils sont un peu déçus quand on leur dit qu'on ne reste qu'une année, ils expliquent entre les lignes que du haut de leur 26 ans, ils ont bien l'âge de se marier!
On assure de mieux en mieux en japonais après une petie bière même si le dieu du dictionnaire électronique nous aide bien dans la conversation! On se marre à les écouter prononcer les quelques mots de français qu'on leur enseigne, ils sont bien sympathiques.
C'est là qu'elle refait surface. On y pensait plus - on ne voulait plus y penser. L'heure magique.
On s'est promis que le premier mois, on la respecterai pour mieux la transgresser plus tard! 22h approche dangereusement. Alors on dit timidement qu'i faut qu'on rentre chez nous, couvre-feu oblige. On se fait raccompagner jusqu'à la gare de Shinjuku où lunettes disparaît d'un coup pour demander la direction de notre ligne de metro. On l'attend quand il surgit à nouveau tel le ninja.
Et on rentre sagement chez soi, on passe la grille quand l'horloge indique 22h51 avec dans son agenda un mail auquel on se demande bien si on écrira un jour.

平成20年9月27日土曜日

et vive la TV japonaise

Il est mercredi soir, la première journée de cours a été rude, elle a duré au moins 3 heures, il fait déjà bien nuit, il est bientôt 18h et pire que tout, on a toujours ni internet ni télévision dans sa cellule. Mais notre sympathique voisine toujours pas remise de son histoire de vélo déprime un peu de son côté. Alors on décide de lui remonter un peu le moral en lui offrant gentiment notre bien agréable compagnie (elle, elle a une télé).
Pas de chance, ici il fait nuit tôt, on mange tôt, on se couche tôt, les info passent tôt à la télé. Toutes les chaînes sont envahies par la tragique histoire de ce petit garçon qui vient de se faire assassiner dans d'atroces condition le jour passé. On zappe un peu et on finit par tomber sur une publicité pour un keitai (traduire, natel) trop marrant, un jouet avec des jambes et des bras articulés. On se marre plutôt bien, surtout alors qu'on se rend compte que ce n'est absolument pas une pub, mais un drama où le héros, Keita, fait partie d'une unité d'enquête qui se sert de super keitai vivants pour sauver le monde; ケータイ捜査官7.
Des acteurs au talent plus que douteux, des décors hallucinants et surtout des effets spéciaux à couper le souffle (tellement on se marre), aucun doute possible on a bel et bien découvert une véritable perle de la télévison japonaise!
Il faut d'ailleurs avouer que la profonde réflexion métaphysique du méchant keitai qui s'interroge sur la souffrance et l'attachement des humains est de toute beauté. Et la scène suivante où il décide de sauver le keitai 7 et le détache de sa petite chaise est électrique est des plus attendrissante. De l'émotion, du suspens et le pote du héros plutôt mignon!
Un petit extrait pour tous ceux à qui j'ai probablement donné envie...
Et pour ceux qui se sentent de sauver la planète, sachez que le modèle 7 avec bras et jambes intégrés est effectivement en vente chez soft bank.
Vivement mercredi prochain!

平成20年9月24日水曜日

Les vélos s'envolent

A force de faire et refaire le trajet qui nous sépare de la gare (au moins 10 minutes à pied!) les mollets se musclent, les jambes fatiguent, les courbatures empêchent de dormir. Alors meilleur pour la cellulite et anti mollet de vieux suisse comme on dit chez nous, LE VELO. Merveilleuse invention qui a largement envahi les ruelles de la capitale nippone. Largement plus dangereux sur les routes, ils pullulent, ils foncent actionnant incessamment la petite sonnette. Alors tant qu'à vivre à la japonaise, quoi de mieux pour s'intégrer à la société que d'adopter cette habitude bien pratique pour transporter ses courses dans le petit panier. Et c'est pas à Lausanne qu'on pourrait le faire...
Depuis quelques jours, on a sorti la bicyclette, on se balade fièrement en slalomant entre les voitures, on s'engoufre dans les rues comme si on les connaissait depuis toujours. On parque le véhicule devant la gare comme nous l'a gentiment conseillé l'ancienne locataire de la chambre qui a fait ça durant toute l'année passée.
Mais un jour (aujourd'hui) on rentre tranquillement chez soi après 3 heures de japonais intensif, c'était le premier cours, on a pigé que dalle et on a dû faire un test bien trop dur pour son petit cerveau . On arrive à la gare, on cherche le fameux deux roues (pas facile, ils ont tous la même tronche). On le cherche encore. Et encore. Et on a beau faire 15 aller-retour, il faut bien se rendre à l'évidence, il n'est plus là!
Ennervé, on rentre chez soi en se demandant ce qu'on va bien pouvoir dire au gardien, on allume la TV et le titre des news qui passe justement en ce moment "自転車が飛び出した" (traduire, vélos envolés). La plus grosse descente de police depuis des mois pour emmener tous les vélos mal parqués de la ville! C'est là qu'on apprend à ses dépends que sur le panneau parking vélo sous lequel on a effectivement parqué l'engin, il est bien écrit en rouge, interdiction de parquer les vélos et on trouve une petite carte de tous les endroits de la ville où le stationnement est autorisé (et payant).
C'est là qu'on se dit qu'on a vraiment eu du bol parce que ce matin là, nous on a laissé le vélo à la maison, contrairement à notre chère voisine suisse...

平成20年9月22日月曜日

Penis et ancien testament

Il finit par arriver, le fameux 21 septembre, cette fois, c'est vraiment parti, les vacances sont finies! C'est lundi, le réveil est rude, cette fois, la sonnerie du réveil acheté au 100 yen shop à la place du tremblement de terre d'hier. Le trajet ne met pas de meilleure humeur, il a beau être moins long que celui de notre bonne vieille petite Suisse, 1h debout dans le metro entre les aisselles de ses voisins, c'est pas le plus agréable à 8h du mat!
Le rendez-vous avec le professeur responsable de ma petite personne à qui je suis sensée montrer de temps en temps le résultat de mes recherches (ah ouais!?) se passe plutôt bien , entre japonais, français et italien, le Nippon maîtrise carrément le langage occidental!
Par contre il n'a aucune notion de notre soi-disant thème d'étude; l'histoire des religion. A l'instant même où on prononce ces mots, c'est une Japonaise qui nous a gentiment accompagnée voir le méchant et sévère professeur qui répond par un ええええええええええ(traduire eeeeeeeeeeeee) surpris parce qu'elle étudie justement le-dit sujet. Elle suit un cours sur la religion dans la société actuelle dans le monde et nous demande si on veut y aller avec. Pas d'hésitation, on accepte avec plaisir la proposition de la charmante Marie.
-Alors, tu viens?
-Oui. C'est quand?
-Maintenant.
La présentation des professeurs étant bien assez éprouvante, on avait bien évité de regarder le programme du lundi histoire de ne pas trop se fatiguer ce premier jour de cours, on se retrouve embarquée dans un cours où on est assuré de ne pas comprendre la moitié. 10 minutes plus tard le professeur (bien sévère celui-la, un vrai!) entre dans la salle pour notre premier cours. On essaie gentiment de comprendre le bref résumé d'1h30 des différentes guerres de religion importante en Europe. A part avoir lu penis (ペニス)à la place de Venise (ベニス), on s'en sort plutôt bien.
On se sent même sacrément fier à la fin d'une journée quand on se rend compte que maintenant on sait dire Ancien Testament et guerrre de religion en japonais, persuadé qu'avec ça, notre vie sociale va sérieusement s'enrichir!

平成20年9月19日金曜日

雨の日, ダメの日

On arrive gentiment sur place après avoir bravé la pluie, la chaleur et les interminables marches d'escalier de la gare de Shinjuku une valise de 25kg sous le bras. Bienvenue à Nullepart (oui, là où le chien violet Froussard vit avec les deux petits vieux!). On se retrouve devant l'Entrée. Portail de 2m de hauteur, accès autorisé uniquement avec carte magnétique, caméras.
Le cerveau un peu engourdi on a de la peine à saisir les nombreuses informations du planning de la semaine qu sont débitées en japonais à une vitesse impressionnante par la directrice des relations internationales qui n'a visiblement pas de tremps à perdre avec nous et sûrment un rendez-vous bien plus intéressant qui se fait attendre. On nous explique ce que l'on va devoir faire et surtout ce que l'on ne doit pas faire. La traduction simultanées a beau être un peu lente et compliquée, on comprend vite vu que le mot ダメ(interdit) apparaît toutes les deux phrases et à force de le répéter, on imprime l'heure magique; 23h. L'heure à laquelle on doit être rentrée, l'heure à partir de laquelle on ne doit pas faire de bruit, l'heure magique, l'heure de la fin.
Alors on fait une petite sieste pénibles pour réparer les dégâts Swiss et le réveil s'avère brutal. Comme si tout d'un coup le cauchemar, la crainte devenait réalité. En se réveillant on a une sensation bizarre dans le doigt. Malgré la peur, on jette un oeil en essayant de se dire que ce n'est pas ce que l'on pense et la vision d'horreur se révèle; il y a bel et bien un cafard de 10 cm qui se ballade tranquillement sur ma main.

la dure réalité japonaise



C'est ce qu'on appelle un campus féminin au Japon. Ailleurs on appelle ça une prison féminine.

bienvenue chez Swiss

Tout avait si bien commencé le lundi matin dans l'avion à Zurich (où on est déjà arrivé avec 30 minutes de retard pour cause d'embouteillages dans les couloirs aériens) quand on attend pendant une heure que les petits mécaniciens réparent le "problème technique dans le cockpit" en tentant de nous calmer à coup de chocolats suisses. Et ça marche.
Les heures passent, lentement, l'attente se fait sentir, les jambes s'engourdissent, on s'ennuie. Heureusement il y a de bons walt disney dans le petit écran, alors on les regarde, en japonais évidemment, comme tout étudiante bien sérieuse qui part au Japon avant tout pour é-tu-dier.
Mais le temps est toujours aussi long, alors on observe, on essaie de résister à l'envie de frapper son voisin roumain qui n'arrête pas de tousser, et on rigole quand on voit que ça fait 2 heures qu'il essaie d'allumer son écran qui ne marche pas, alors on fait comme si on ne s'en rendait pas compte.

平成20年9月10日水曜日

DEJA?

A force de compter les jours, on en arrive finalement à 10, le lendemain, 5, on commence gentiment à entasser ses affaires dans la valise, chaque fois qu'on change de vêtement on se demande si on doit mettre l'ancien dans la pile de gauche 'vient avec moi' ou s'il faut le laisser traîner de l'autre côté histoire de lui faire comprendre qu'il n'est pas assez bien, pour ici ça va, pour là-bas sûrement pas! Il y a les fringues qui ne font pas de doutes, qui vont sauter dans la valise et celles sur lesquelles on hésite, "On verra s'il reste de la place". A 2 jours, on se rend compte qu'à force d'être aussi sélective la pauvre valise n'est qu'à moitié pleine une fois les affaires de première nécessité emmenées; médicaments, trousse de toilette, chocolat, chocolat, chocolat, CHOCOLAT. C'est là que le temps est compté, il faut réfléchir vite, ne pas trop hésiter j'emmène mon jeans classique ou le jeans killer??
A J-1 on en est toujours à se demander si ce cher prof de japonais ne nous a pas fait une bonne blague en nous donnant cette bourse, on s'attendrait presque à le voir débarquer à l'aéroport appareil photo à la main pour voir notre tronche quand il nous dira en riant qu'on croyait pas sérieusement que c'était vrai, que si on le veut vraiment il va falloir bosser, bosser, bosser.
En général, c'est à ce moment là qu'on se réveil en sursaut, trempé de sueur en se disant qu'on a rêvé de Souyri !? 0ö