平成20年10月20日月曜日

Qui a dit nanpa?

Il est samedi matin et pourtant, après avoir largement eu le temps de se rappeler pourquoi on avait décidé de garder les cheveux courts pendant les plombes que qu'on a mis à sécher cette foutute perruque, départ pour l'université! Non, on a pas encore cours le week end, on passe déjà plus de 10 heures par semaine à y étudier, faudrait quand même pas abuser! Ce week end, c'est "open campus", l'occasion pour toutes les pensionnaires de faire visiter l'endroit à papa et maman.
Arrivée sur place on constate d'abord que l'uniforme traditionnel de l'université est de rigueur même aujourd'hui; ça défile en mini short, bottes talons aiguilles, le tout mis en valeur par maquillage outrageux. Et ensuite que les habitudes prises pendant les heures passées à se faire torturer en anglais ou allemand pendant une bonne partie de la semaine par un professeur japonais qui tente tant bien que mal de s'exprimer en Sheakspeare (ou autre) avec un terrible accent sushi ont également cours en dehors des heures de ceux-ci; ça se remaquille, recoiffe et vit le keitai collé dans la main avec une substance d'une résistance jamais vue auparavant probablement imaginée par l'armée japonaise dans un de ces bâtiments à l'air un peu louche comme ça grouille dans les ruelles.
Sauf qu'aujourd'hui, à défaut de peut-être draguer le seul professeur occidental de l'université (une grande perche aux longs cheveux blonds, vieux et moche!) pour une fois tous ces artifices ont enfin leur utilité; "open campus", c'est pas vraiment la visite des locaux par les parents, mais plutôt le défilé des mecs célibataires venus de toutes les universités de Tokyo, et peut-être même de plus loin, a la recherche d'une de ces nombreuses filles qui a été forcée de commencer l'université en attendant de pouvoir arrêter quand elle aura enfin réussi sa vie et trouvé un mari. Ou plutôt ça cherche les jeunes filles trop désespérées de passer leur temps entourées de filles, qui ne savent pas où rencontrer de mecs, prête à tout pour obtenir enfin un peu d'attention masculine.
Non, je ne fais partie d'aucun des 2 groupes. Moi, tout le monde me regarde comme si j'étais une touriste qui s'est égarée d'Asakusa et est entrée dans cette université parce que j'ai vu un peu d'animation et que je me suis dit "Trop cool, un matsuri d'école, y aura sûrement des petits gâteaux et des yakitori, comme dans les manga". On sent les regards perçants fixés sur sa personne, on entend partout dès qu'on tourne le dos des 外人 et même un アメリカ人 (parce que oui, un étranger est forcément Américain, tout le monde le sait) de tous ces petits Japonais bien crédules qui ne se doutent pas une seconde que si on est là, c'est que oui, on étudie ici comme les autres et que par le fait, forcément on parle japonais et donc on comprend ce qu'ils racontent.
Enervant et fatiguant alors on décide de se poser un moment dans le hall et on fait semblant de jeter un oeil au concert du club de musique en jouant sur son keitai, comme tout le monde. C'est là qu'on entend un "Hello, you speak english?". Y manquait plus que ça!
On répond qu'en japonais, ça va aussi. Alors bien que les 2 jeunes hommes qui nous abordent étaient ravis de pratique un peu leur anglais (qu'ils parlent d'ailleurs très bien), ils ont tout de même l'air un peu rassuré de pouvoir s'exprimer dans leur langue maternelle!
On sent que ça jette un froid dans tout le hall, comme d'habitude, il y a tous ceux qui regrettent, ils n'ont pas osé, redoutant de devoir s'exprimer en Sheakspeare et du coup, maintenant ils se sont fait piquer l'occaz de discuter avec les jolies européennes!
Nos nouvelles connaissances sont bien sympathiques et semblent plus normales que tous les mecs rencontrés jusqu'ici (...). On discute en leur faisant visiter le bâtiment, à souligner qu'ils connaissent même autre chose sur la Suisse que le chocolat, Heidi, le fromage et les montres! Ils évitent soigneusement de trop parler de leur petite personne mais finissent par avouer timidement quand on le leur demande qu'ils étudient à Todai...
On regrette carrément d'être obligées d'aller voir une pièce de théâtre, une parodie inspirée de Ali Baba et les 40 voleurs jouée intégralement en langue originale par les étudiantes de Molière et même par certaines courageuses qui n'y connaissent strictement rien en français. Ils nous accompagnent un moment, se marrent bien mais s'ennuient finalement sérieusement parce qu'ils pigent évidemment pas un mot!
Ils finissent par partir en coup de vent entre 2 décors.

平成20年10月17日金曜日

Aventure capillaire

En Suisse déjà, l'idée m'avait bien tentée, j'avais même investi de mon rare (euh...) temps libre de cet été à la recherche de la perle rare; un coiffeur qui proposerait des extensions capillaires pour un prix raisonnable. Parce que oui, je le vaut bien et j'aime mes cheveux, mais bon, y a des limites, hein! Facebook m'avait gentiment proposé un lien fort intéressant pour un salon correspondant tout à fait à mes critères.
Le-dit salon se trouvait à Regensdorf. Durée du trajet: 3:06, 5 changements de train depuis Renens. Autant dire que j'ai vite laissé tomber l'idée.

J'ai recommencé mes investigations une fois arrivée ici en toisant du regard toutes ces filles à la chevelure trop parfaite pour être vraie. Un oeil attentif m'a vite permis de me rendre compte qu'ici la crinière frauduleuse est monnaie courante.
Internet m'a vite proposé de trop nombreux liens pour me faire rallonger le cheveux. Je me suis alors limitée à Harajuku, à mon avis l'endroit idéal pour ce genre de modification. En voyant d'autant plus qu'ici on peut facilement diviser les prix suisses par 3, une carte des plus approximative à la main, je suis vite partie à la recherche du salon que j'avais soigneusement choisi. Après avoir fait 3x le tour de la rue sensée abriter le pays des merveilles, puis de toutes celles des alentours, j'ai fini par me rendre à l'évidence, comme Alice, j'avais rêvé.
Je me suis alors rendue dans un autre salon où le receptionniste en plus de ne même pas être beau, n'y connaissait rien en extension et n'était absolument pas ravi de devoir s'occuper d'une occidentale qui tentait tant bien que mal de sortir du vocabulaire capillaire en japonais bien appris à l'avance dans son dictionnaire magique. Ressortie en 3e vitesse déprimée, tout espoir perdu d'obtenir la chevelure de rêvetant désirée.
Le lendemain, je me remets tristement de ma deception en allant m'acheter une plaque de chocolat Willy Wonka (encore!) (Bon, c'est que la 2e, hein!) à Kiddyland. Je décide d'aller un peu plus loin dans la rue à l'Oriental Bazaar, jeter un oeil à quelques trucs un peu plus traditionnels, spécial touriste. Le magasin est évidemment fermé le mercredi. Je me décide alors à rentrer chez moi et en passant regarde les magasins devant lesquels je passe, un centre commcercial spécial bourge; Dior, Chanel, Bulgari et je m'arrête soudain en lisant la liste des shop, 3e étage; j'aperçois le nom du salon que je cherchais; le pays des merveilles, il existe. Je prends mon courage à 2 orteils et décide de rentrer, sous le regard de toutes ces demoiselles en jolie robe et petit tailleur qui n'ont pas mangé depuis 2 mois pour faire leur courses chez Louis Vuitton, j'arbore fièrement ma chemise rose pétante à carreaux et mon short minuscule, j'ai un bracelet à pique et mon sac de cours qui est particulièrement plein aujourd'hui, je tente de garder le regard bien droit, en essayant de ne pas me casser la gueule comme c'est arrivé l'autre jour dans le metro.
Le salon de coiffure est bondé, on me propose d'aller dans un autre où je pourrai me faire poser la prothèse capillaire dans les plus brefs délais pour un prix dérisoire. Je file plan à la main. L'endroit est désert. Un charmant jeune homme me fait un shampoing qui dure des heures, un massage du meilleur effet, pour peu je m'endormirais avec en plus le petit son de chants d'oiseaux derrière. Mon coiffeur n'a visiblement pas su se décider entre le style 70s, vu la chemise, et cowboy avec la façon qu'il a de manier son ciseau comme un pistolet dans un western. On m'offre thé, biscuits, bonbons, devant moi un petit écran où passe un film qui me passionne vite, en plus le coiffeur n'est pas très bavare. Un petit sourire aux lèvres, je vois gentiment mes cheveux prendre de la longueur. J'aperçois que tout le staff n'a rien d'autre à faire que de m'observer, le plus discrètement possible pour la plupart, mais certains n'ont pas l'air de se rendre compte qu'avec le miroir, je suis capable de voir aussi derrière moi.
Je ressors du salon en empruntant l'ascenseur qui, inimaginable, n'a pas de miroir!
Je cours à Kiddyland utiliser les toilettes pendant un bon quart d'heure et je finis par prendre le chemin traditionnnel d'Ikebukuro persuadée que tout le gens qui me regardent se disent tout bas que je porte la crinière frauduleuse!













AVANT







APRES
C'est fou ce que quelques poils peuvent changer quelqu'un, non!? ^^